Voyage. Les oasis du Sud tunisien, taches de verdure dans un océan de sable

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Dans les oasis du Sud tunisien, on est ébloui par la magnificence des panoramas à Temerza, Midès et Chébika, vieux villages aujourd’hui abandonnés [après les inondations de 1969, de nouveaux villages ont été reconstruits juste à côté]. Ces oasis de montagne, avec leurs palmeraies accrochées à flanc de relief, leurs sources vives et leurs superbes cascades ne laissent personne indifférent. Aux portes du Sahara, les petites villes de Tozeur et Nefta se distinguent plus particulièrement par leur architecture traditionnelle, dont le style remonte à plusieurs millénaires et dont la conception est adaptée au climat de la région, extrêmement chaud l’été.

Les habitations sont construites en briques locales de couleur rouge, qui ornent les murs extérieurs de manière si typique. Ce style architectural ne se limite pas aux mosquées et aux édifices historiques, mais se retrouve aussi dans les maisons d’habitation ordinaires, dans les bâtiments officiels, les hôpitaux et les écoles. Car tout ici porte la marque de ce style qui, en Tunisie, distingue les oasis du reste du pays.

Dans un élan visant à sauvegarder la mémoire de la région, un des habitants a créé un musée au sein même de la maison familiale. Dans ce musée de la civilisation tunisienne, plus connu sous le nom de dar Cheraït, sont exposés des ustensiles, des vêtements, des tapis, des manuscrits et autres objets racontant l’histoire des oasis. Le musée représente également un modèle de maison d’architecture arabe traditionnelle, avec sa grande pièce aux portes et aux fenêtres ajourées, et flanquée d’une cour extérieure.

A Tozeur se déroulent des courses de chevaux ou de dromadaires. Les expressions artistiques traditionnelles sont conservées, dont la danse de l’épée et celle du bâton, et des manifestations où se produisent des groupes soufis ou touaregs, que l’on trouve dans toute la région allant du sud de la Tunisie au sud du Maroc. Les coutumes locales sont à l’origine d’autres spectacles comme la mise en scène, sur la place centrale de la ville, de la cérémonie du mariage telle qu’elle est pratiquée traditionnellement depuis des siècles par les populations locales.

A Tozeur ou à Nefta, on réalise à quel point le désert est omniprésent dans tous les aspects de la vie des oasis, minuscules taches de verdure dans un océan de sable. Un océan qui attire et nous pousse à s’enfoncer au creux des dunes pour rallier les ksour. Contrairement à la forme parallélépipédique habituelle des habitations, ces bâtiments de trois étages érigés par les tribus arabes au fin fond du désert sont cylindriques. Un seul étage est occupé par les membres de la famille, tandis que les deux autres servent de grenier.

Enfin, deux autres musées de Tozeur méritent une mention particulière. Le premier est celui des reptiles, qui expose un certain nombre d’espèces endémiques de la région, que l’on ne trouve nulle part ailleurs dans le monde. Le second, appelé Chak El Wak”, raconte, à travers une légende à la Sindbad, l’histoire de l’humanité et la genèse des principales religions ainsi que la vie de leurs prophètes.

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